Gala Laurent Paquin : jouissif!

Ça faisait plus que gémir de plaisir à la Salle Wilfrid-Pelletier, lundi, au gala Juste pour rire de Laurent Paquin. Devant cette orgie de gags portant sur la luxure, les gens ont ri aux éclats, se sont levés à plusieurs reprises (presque chaque fois) pour ovationner les artistes sur scène, et ont souvent crié, non pas d’extase, mais d’amusement.

Vous l’aurez compris, Laurent et ses acolytes ont été formidables et ont très bien exploité le sujet qu’ils avaient entre les mains, en étant tantôt gentils, tantôt crus.

Les orgasmes ont été nombreux. En premier lieu, le monologue d’ouverture de Laurent Paquin était à la hauteur des attentes. Le vétéran des galas Juste pour rire déçoit rarement, et il a encore visé dans le mille. D’abord vêtu d’une robe de chambre qui lui donnait les airs de Hugh Hefner, Paquin a ensuite repris ses habits d’animateur et a réfléchi à voix haute sur diverses notions liées à la sexualité, expliquant d’abord la différence entre «luxe» et «luxure».

«Le luxe, c’est la Ferrari, la luxure, c’est la fellation. Le premier augmente sérieusement tes chances d’avoir le deuxième… dans le premier!»

Les puristes qui n’aiment pas parler de sexe, les sections portes closes des clubs vidéo de jadis, la pornographie gaie, les différents types d’ébats («faire l’amour», «baiser» et «fourrer»), Paquin a ratissé large dans ses observations, toutes très efficaces. «Ce qui distingue "faire l’amour", "baiser" et "fourrer", c’est le degré de tendresse. Tu ne fourres pas tendrement. Tu fais l’amour dans un lit, tu baises dans un char et tu fourres dans une toilette d’un Esso!»

Avant l’arrivée de Laurent, un très suggestive et langoureuse vignette burlesque avait servi d’entrée en matière. On avait recréé un cabaret hyper sexy avec danseurs, en déshabillés de dentelle pour les femmes – et même poitrine au vent dans un cas - et torses nus pour les hommes, et la chanteuse Véronique Claveau, très chic dans sa robe noire, au micro. Tous les éléments les plus kitsch des maisons de débauche d’antan avaient été utilisés, plumes y compris.

Quelques grands crus

Dominic et Martin ont séduit avec une petite engueulade, en s’obstinant à savoir s’ils devraient, oui ou non, former un couple. Martin disait oui, Dominic disait non. Et c’était très drôle.

«Ça ne me dérange pas que les gens pensent que je suis gai, mais qu’ils pensent que je suis avec toi, ça me fait chier!», a vociféré Dominic.

Martin a défilé les arguments en faveur d’une union amoureuse. «On pourrait échanger nos vêtements», a-t-il plaidé. «Oui, tu pourrais me prêter tes bas, ça me ferait des beaux leggings», a riposté Dominic.

Autre perle, cette saynète avec Salomé Corbo. Laurent Paquin et elle incarnaient un couple désireux de mettre du piquant dans sa vie sexuelle et sur le point de tenter le sadomasochisme. Accoutré d’un sage pyjama… de cuir, Laurent et sa douce d’un soir ont échangé de douces vacheries dans un sketch au final très cocasse.

Pour son tour de piste de lundi, lui qui est des sept galas Juste pour rire 2015, Guillaume Wagner a causé masturbation (et comparé les hommes qui s’y adonnent à «des écureuils sur le crack»), fellations, Fifty Shades of Grey et amour sur Internet. Son franc-parler seyait bien à un collectif portant sur les plaisirs de la chair.

Grâce à la thématique de la luxure, Maxim Martin avait le prétexte idéal pour traiter de «l’affaire» Joël Legendre, qui a été le fil conducteur de toute sa tirade. De son œil toujours vif, il a soulevé d’excellents points. «Il y a plus de gens qui se masturbent que de gens qui fument la cigarette. Techniquement, on devrait pouvoir le faire en public», a suggéré Maxim.

Il a finalement terminé son analyse en établissant une judicieuse comparaison entre le cas de Joël Legendre et celui de Claude Dubois, condamné à la prison pour alcool au volant.